Coup de Gueule Claude Colliot

Published on février 12th, 2013 | by Le Gastronome Parisien

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Restaurant Claude Colliot, la sobriété a des limites

Il y a bien longtemps que je souhaitais aller dîner au restaurant Claude Colliot.  Situé dans le 4ème arrondissement de Paris, dans la petite rue des Blancs-Manteaux, ce dernier jouit en effet d’une très bonne réputation. Son Chef, du même nom, a de l’expérience. Passé par de nombreuses maisons parisiennes, il vole aujourd’hui de ses propres ailes en proposant, sur le papier, une cuisine inventive faite de produits frais parsemés de quelques inspirations japonaises. Plusieurs fois, j’étais à deux doigts de réserver mais je me suis laissé convaincre par d’autres tables « à la mode ».  Cette fois-ci, bien décidé, je réserve pour un samedi soir de cet hiver.

Premières impressions : 

Claude ColliotCaché dans la rue des Blancs-Manteaux en face d’une mystérieuse porte interdite aux femmes, le restaurant Claude Colliot se distingue par une devanture moderne et agréable. A l’intérieur, la décoration est vraiment bien choisie et donne une ambiance générale très cosy. J’apprécie les pierres apparentes au mur, l’imposante cave à vin, la grande table de l’entrée et les fauteuils confortables. J’aime moins, en revanche, la lumière beaucoup trop tamisée, les tables trop serrées et la sensation oppressante que procure la salle du fond. C’est justement ici que nous prenons place juste à coté des cuisines. Le service est globalement souriant et avenant. Quand nous arrivons, la salle du fond est vide. Tout ça va très vite changer, laissant la place plus tard à une atmosphère assourdissante voir insupportable.

La Carte :

Claude ColliotElle est courte avec seulement quelques entrées, plats et desserts. Les énoncés eux aussi sont succincts laissant le mystère planer sur la composition des assiettes. On retrouve également les inspirations japonaises voir asiatiques du Chef un peu partout sur la carte.  Les prix sont disparates oscillant entre 9€ pour les desserts et une trentaine d’euros pour le plat de Ris de veau. Pas vraiment inspirés et assez dubitatifs, nous prenons le risque inconsidéré de partir sur le Menu Carte Blanche à 59 € comprenant une entrée, deux plats et deux desserts. On notera que le Chef a étrangement fait le choix de servir deux desserts plutôt que deux entrées comme on pourrait s’y attendre, à voir… Un peu sous surveillance par le personnel, je n’ose pas trop prendre de photos de la carte. Je n’ai du coup pas grand chose d’autre à dire sur le sujet.

Pour le vin, la carte est assez intéressante. Faute de conseils avisés, nous faisons le choix de la sécurité avec un Pernand-Vergelesses 2007 de chez Louis Jadot que nous connaissons bien. Les prix sont globalement corrects. Pour l’eau, encore une fois, on a droit à l’eau du robinet transformée sur place et vendue au prix de la Chateldon. J’aimerais bien rencontrer les commerciaux des boites qui commercialisent ces machines. Ils doivent avoir de beaux documents pour montrer combien l’affaire est rentable pour le restaurateur.

Le Repas :

Notre dîner débute très vite avec une assiette de Tartare de Veau, Champignons et Purée de Cèleri. J’aime d’abord l’audace du chef en servant ce Tartare de Veau cru. Visuellement, même si je peux comprendre le parti pris et encore, je trouve l’assiette sans aucun intérêt voir tout simplement moche. Au goût, même si je note un effort sur l’assaisonnement du tartare et la qualité des champignons, l’ensemble ne fonctionne absolument pas. A mon avis, il n’y a rien qui marche dans cette assiette, aucun jeu de texture et encore moins de couleur, un tartare au final écœurant, aucune gourmandise, aucune surprise. Quand je pense en plus que c’était la seule entrée, j’avais un peu les boules… A ce moment là du repas, je commençais à perdre le sourire mais restais quand même optimiste pour la suite.

Claude Colliot

Premier plat de poisson, Barbue grillé oignons vapeur et condiment d’agrume.  Même si la photo est de mauvaise qualité faute de lumière, je pense malgré tout qu’elle parle d’elle même. Un morceau de poisson minuscule et trop cuit d’un coté, un gramme de condiment de l’autre et au milieu un demi gros oignon blanc parsemé de Katsuobushi pour la touche japonaise. C’est sans doute le plat le plus ridicule qu’il m’ait été donné de manger dans un restaurant de ce genre. Je me demande encore comment on peut servir ça et comment on peut croire qu’un client va éprouver du plaisir à manger un plat pareil…

Claude Colliot

La mauvaise farce continue avec le plat de Ris de Veau, kabus croquants et une purée crémeuse de pomme de terre. Alléluia, enfin un peu de couleur, même si ce n’est pas non plus le feu d’artifice… Le Ris de veau est bien, c’est un minimum. Les kabus sont quasiment immangeables tellement ils manquent de cuisson. Le condiment n’est pas mauvais mais n’a rien à faire avec du Ris de veau. Enfin la purée est plutôt bonne au début mais devient très vite écœurante à la longue avec cette crème liquide visiblement montée au siphon. De nouveau, ce plat ne fonctionne pas, mais alors pas du tout ! Il n’y a pas de doute, ce dîner est un calvaire. Aux assiettes indigestes s’ajoute un bruit de fond assourdissant où certains clients comme le personnel s’en donnent à cœur joie pour pourrir la soirée des autres.

Claude Colliot

Viens l’heure des desserts. On commence avec une Soupe de Pamplemousse immangeable tellement elle est acide et sucrée. Alors que le taux de sucre autorisé est déjà à son maximum, le Chef ne trouve rien de mieux que de faire flotter dans sa soupe un bout de praline. Saturation complète, nous mettons cette soupe de coté, le bol à moitié plein…

Claude Colliot

Clou de ce triste spectacle avec ce dessert encore tout blanc autour de la Noix de Coco. Ce n’est pas mauvais, certes. Mais franchement on croit rêver. Pas de couleur, pas de croquant, aucun esthétisme, une portion ridicule. De nouveau, nous sommes consternés voir éberlués par tant de sobriété et si peu de gourmandise. J’ai rarement eu le sentiment de me faire autant avoir dans un restaurant, surtout à ce prix là.

Claude Colliot

Nous quittons le restaurant la tête comme des pastèques convaincus d’avoir fait notre pire repas depuis de nombreuses années. Pour me justifier de ce choix désastreux, j’en appelle aux belles photos que j’avais vu sur le net, à la carrière du Chef, aux critiques enflammées de François Simon… Je me dis que nous avons fait les mauvais choix de plats bien que nous n’ayons rien choisi, que nous sommes tombés un mauvais jour, etc. Nous ne le saurons jamais car s’il y a bien une chose dont je suis certain c’est que je n’y remettrai jamais les pieds.

Bilan : 

Faut il y aller ? Je vous réponds non. Après je vois bien que le restaurant est apprécié par ailleurs et que les plats que je vois en photo sur le net me donnent envie donc il subsistera toujours un doute dans mon esprit sur la qualité de ce restaurant.

Avec qui ? Personne et surtout pas pour un dîner romantique un jour d’affluence. Au pire demandez les tables à l’entrée mais surtout pas celles du fond.

Y retourner ? On ne m’y reprendra pas et pourtant ça m’aurait arrangé d’aimer ce restaurant dans un quartier que je fréquente souvent où les bonnes adresses sont rares.

La clientèle ? Des gens très bruyants. Mise à part ça, tout autour de nous, il n’y avait que des touristes américains ou anglais. Je pense encore aujourd’hui au regard moqueur de mon voisin américain baraqué à l’arrivée de chacune des assiettes de son Menu. Il avait pris le parti d’en rire et de se faire un bon burger juste après… Ça se comprend.

C’est cher ? Oui pour mal manger, c’est toujours trop cher même 59 €.

Et les toilettes sont propres ? Pas vus, bien trop pressé de quitter ce capharnaüm.

Informations

Restaurant Claude Colliot
40, rue des Blancs-Manteaux – Paris 4ème
Métro : Rambuteau
Tél. : 01 42 71 55 45
www.claudecolliot.com

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À Propos

Je suis passionné de cuisine, j’adore aller au restaurant, j’aime découvrir Paris, j’aime voyager, goûter de nouvelles cuisines, j’adore Hong Kong, je suis fou de cuisine chinoise … Comme j’ai souvent mon appareil photo avec moi, je fais un blog de tout ça !



9 Responses to Restaurant Claude Colliot, la sobriété a des limites

  1. Le GrumeauNo Gravatar says:

    Je suis passé devant plusieurs fois et ca me donnait envie mais effectivement c’est pour le moins « minimaliste » dans l’assiette ! Merci de l’info, mon portefeuille s’en tire bien.

  2. Nath'No Gravatar says:

    Vu les portions dans l’assiette, j’espère qu’avant d’aller dans ce restaurant, tu n’avais pas jeûné comme avant le Nouvel An Chinois ?!! 😉 Parce que sinon tu as dû te précipiter sur le premier fast food venu en sortant ! 😉

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      lol non pas à ce point mais je n’avais pas grignoté de l’après midi quand même et c’est déjà un exploit 😉 C’est clair qu’en sortant on avait encore trop faim… J’ai du me rattraper le lendemain en préparant un bon repas à la maison !

  3. Pingback: Qui Plume la Lune après sa première étoile - Le Gastronome Parisien

  4. ÉtienneNo Gravatar says:

    Nous y avons dine hier soir et ce fut le plus mauvais dîner depuis bien longtemps !! Je ne comprends pas que l’on puisse trouver une quelconque intérêt pour ce qui est servi. Cuissons non maîtrisés, assaisonnements et surtout associations de saveurs qui ne fonctionnent pas du tout ! Adresse à bannir

  5. LudovicNo Gravatar says:

    Franchement vous etes un critique du dimanche bon pour allez chez Costes manger du sous vide… C est une honte de faire ce genre de commentaire quand on se vante d avoir un fin palet…. Surtout quand on voit les endroits que vous recommander les rois du congelé!! On devrait interdire votre site !!!!

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Bienvenue Ludovic,

      Vous m’avez l’air bien excité dites moi ! Vous avez raison, on devrait interdire mon site. Peut-être même m’infliger une peine de prison et quelques châtiments corporels au passage pour avoir eu la folie d’émettre une opinion sur un restaurant.

      Plus sérieusement (du moins le mieux que je puisse faire après un commentaire pareil), j’ai du mal à comprendre votre message dans la mesure où il ne me semble pas avoir déjà écrit sur un restaurant du groupe Costes (mais je peux me tromper). Par ailleurs, je serais bien curieux de savoir de quel restaurant vous parlez quand vous dites que j’ai recommandé une adresse proposant du congelé.

      Bref, si vous avez envie d’échanger sérieusement sur ce resto ou un autre, faites moi signe. Je serais forcément enchanté de m’instruire de votre science si infuse. Sinon pour des invectives, je vous remercie de vous abstenir. Je suis sûr que votre énergie a bien meilleure cause à défendre !

      Bonne soirée !

    • guoNo Gravatar says:

      C’est Ludovic qui était en cuisine!!! non seulement sa cuisine n’est pas harmonieuse, mais en plus il ne supporte pas les critiques, décidément…Sans parler de sa façon d’écrire…creepy creepy

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