Coup de Gueule Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Published on octobre 6th, 2014 | by Le Gastronome Parisien

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LiLi, le restaurant cantonais du Peninsula

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula ParisAvant même son ouverture, je fantasmais déjà sur le LiLi, le restaurant cantonais du luxueux Peninsula. En répertoriant ce que je souhaitais y découvrir à l’occasion d’un précédent article, je m’étais pris à rêver et espérais retrouver à Paris un petit échantillon de la haute et nouvelle cuisine cantonaise telle qu’elle se pratique aujourd’hui communément dans les restaurants d’hôtels de Hong Kong. Dès le mois d’août, j’ai rongé mon frein pour ne pas céder aux chants et au charme de la jolie cantatrice. Même les excellents articles de mes consœurs La Petite Banane et Recettes d’une Chinoise n’avaient pas réussi à me faire craquer. C’est finalement peu de temps après dans la cadre du tournage de l’émission Très Très Bon en compagnie du mystérieux François-Régis Gaudry que je suis allé découvrir cette nouvelle maison hongkongaise prise en main par l’expérimenté Chef Chi Keung Tang 邓志强.

Premières Impressions :

Patientant devant l’entrée avant l’arrivée de mon compagnon de voyage (également généreux trésorier de l’opération), j’ai pu apprécier tout le faste de ce majestueux hôtel. Les murs sont d’un blanc immaculé, les bronzes sont lustrés, le tapis est déroulé et le personnel est tiré à quatre épingles. Les statues de lions qui marquent l’entrée de tous les Peninsula à travers le monde veillent sur la demeure tel le Lion Rock sur la baie de Kowloon. La plupart les voient rugissants, je les imagine hilares devant ce ballet incessant de millionnaires botoxés et d’hommes politiques au-dessus de tout soupçon.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Je vous épargne une digression sans grand intérêt sur la somptuosité de l’entrée, la vacuité du lobby et le mercantilisme des allées. Je constate cependant que l’hôtel a été réalisé dans un esprit très parisien loin du charme colonial de l’établissement historique. Le Peninsula véhicule pourtant une part de l’histoire de Hong Kong et j’ai le sentiment en me baladant que cette course au gigantisme que se livrent les palaces parisiens a fait passer au second plan l’âme originelle du groupe Peninsula.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Une magnifique représentation de l’énigmatique LiLi accueille les visiteurs du restaurant cantonais. Réelle ou imaginaire, ce personnage symbolise dans toute sa splendeur le rôle de la femme 旦 dàn dans l’Opéra de Pékin 京剧 Jīng Jù avec son maquillage et sa coiffe si caractéristiques. Pour calmer vos éventuelles ardeurs, je me permets de rappeler que ce rôle était traditionnellement assuré par un homme.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

À l’intérieur, la décoration est flamboyante. Imaginé comme une salle d’opéra chinois, le lieu impressionne avec ses colonnes en marbre, ses moulures, ses lustres bleu nuit et cet envoûtant dôme perforant le plafond. Est-ce à mon goût ? Modérément. Je trouve ça un peu trop ampoulé et tape-à-l’œil. La symbolique chinoise est bien sûr intéressante et l’entrée du restaurant est grandiose mais j’aurais préféré retrouver la chic sobriété habituelle des restaurants cantonais. Le Spring Moon de Hong Kong en est d’ailleurs une parfaite illustration.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Dès notre arrivée, nous sommes traités avec beaucoup d’égard. Le manège est démasqué et la caméra instantanément intégrée… Le service est quoiqu’il en soit adorable et évidemment digne d’un palace. L’équipe en salle est jeune et ânonnante mais le chevronné manager débarqué du Shang Palace assure le service après-vente avec talent et érudition. J’ai apprécié leur effort de pédagogie pour expliquer les plats. J’ai en revanche moins aimé le sentiment d’oppression qui nous a accompagné pendant ce déjeuner surtout lorsqu’il s’agissait de faire des commentaires des plats devant la caméra avec plusieurs serveurs à moins d’un mètre les ouïes grandes ouvertes. Mon sens critique s’en est retrouvé quelque peu altéré.

La Carte :

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula ParisBeaucoup de choses à dire sur cette riche carte du LiLi accessible ici. Le Menu déjeuner est sur le papier plutôt séduisant bien qu’extrêmement consensuel. Des dumplings vapeur, un soupe, un plat et un dessert à 59 €, pourquoi pas. Le prix est très élevé mais cela reste un bon moyen de venir goûter à la cuisine de ce restaurant de palace à moindre frais.

S’agissant des Dim Sum, mon espoir de trouver un endroit à Paris permettant de faire un véritable Jam Caa 飲茶 est contrarié par un choix très limité (15 Dim Sum seulement) et des tarifs prohibitifs (~15 €). L’exercice du brunch à la cantonaise se doit de rester accessible, dans un palace y compris. D’ailleurs, même les grandes références de la gastronomie cantonaise au Four Seasons ou au Ritz-Carlton n’oseraient pas dépasser les 10 € pour un panier en bambou de Raviolis aux Crevettes au sommet de leur art. Les Dim Sum du LiLi sont quoiqu’il en soit très classiques avec des Ravioli Porc crevettes, des Raviolis shanghaiens ou encore des Brioches au porc laqué. Il y a en tout de même quelques autres plus intéressants comme le Croustillant au Taro et Poulet, le Ravioli de crabe en bouillon et le Friand de porc laqué à la pomme qui est le seul que l’on peut considérer comme une création bien que plusieurs restaurants hongkongais l’affichent depuis longtemps à la carte comme le Dimdimsum.

Ensuite, la carte compte une quarantaine de plats de viande, de fruits de mer, de volaille, de légumes, de riz ou de nouilles. Elle m’inspire d’abord un profond ennui bien que je sois impatient d’en découdre. Elle semble calquée sur celle du Shang Palace parisien aussi bien en termes de construction, d’énoncés que de tarifs. Oubliés les produits typiques de la cuisine cantonaise comme la vessie de poisson, les pétoncles séchés, le nid d’hirondelle ou le concombre de mer qui constituent la pierre angulaire des cartes des restaurants cantonais haut de gamme. Seul l’ormeau trouve sa place dans quelques plats comme dans un Riz sauté au canard, sauce aux ormeaux (28€) ou une Soupe à l’ormeau et au poulet (20€). D’autres plats attirent mon attention comme le Foie de volaille et échine de porc rôtis en brochette (28€) qui est un plat très ancien, rustique, populaire et cher au cœur des cantonais. J’ai plaisir à retrouver des plats signature du groupe Peninsula comme la Pyramide de poitrine de porc braisée et champignons (30€), le Homard bleu sauté au gingembre et cébette (120€) et les Noix de Saint-Jacques sautées aux légumes et sauce XO (38€). La sauce XO qui, je le précise, est une invention d’un Chef hongkongais du Peninsula au début des années 80. On en vient justement au problème majeur de cette carte. Elle est figée dans le temps. Elle est celle d’un restaurant cantonais d’il y a 20 ou 30 ans amputée de tous les plats à base de produits typiques. Il n’y a que des recettes traditionnelles convenues et jamais contrariantes pour les palais occidentaux, il n’y a quasiment pas de création alors que la cuisine cantonaise s’est aujourd’hui réinventée, combinée, allégée et raffinée de Hong Kong à Londres. À la limite je peux comprendre ce parti pris mais, dans ce cas, la maîtrise technique de ces recettes pour beaucoup basiques ou du moins communes devra être exemplaire. Sinon comment justifier un tel prix ?

Le Repas :

Nous avons pour ce déjeuner associé un menu à 59 € avec quelques Dim Sum et plats de la carte pour avoir un large éventail de ce que le LiLi a à offrir et nous forger un avis éclairé sur le niveau de cette cuisine (et accessoirement parce que j’avais très faim).

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

La vaisselle fait preuve d’élégance à l’image de ce porte-baguettes identique dans tous les restaurants cantonais du groupe et qui représente une embarcation traditionnelle chinoise.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Les Noix caramélisées au miel et au sésame sont un classique de la mise en bouche. Elles sont peu sucrées et bien grillées, j’aime.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Après trois raviolis cuits à la vapeur auxquels je n’ai pas goûté mais qui semblaient plutôt engageants, nous nous attelons à la dégustation de ce Ravioli de Crabe en bouillon. La farce est certes abondante mais le bouillon manque cruellement de puissance aromatique et la pâte du ravioli n’a pas la finesse que l’on est en droit d’attendre. Le travail du bouillon est primordial dans la cuisine cantonaise. Il faut du temps, de bons produits et les Chefs ont souvent leurs petits secrets comme le ginseng ou le poulet noir. Là, honnêtement, il y a encore beaucoup de travail.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Les Brioches au Porc laqué sont servies en format miniature. Une idée pertinente car ces dernières ont toujours tendance à être trop roboratives. Elles sont plutôt bien ficelées, la farce a du goût et la brioche a correctement gonflée et craquelée même s’il manque à mon avis d’un poil de cuisson. Le souci est que ce sont des brioches tout ce qu’il y a de plus ordinaires telles qu’on en trouve à chaque coin de rue pour 1/2 € ou que l’on peut même faire chez soi assez facilement (la preuve). Plusieurs restaurants parisiens les font aussi bien pour 4 fois moins cher. Payer celles là 15 € me crèverait le cœur. Un restaurant cantonais qui se respecte aurait été plus audacieux avec des brioches croustillantes comme au Che’s ou au Tim Ho Wan autrement plus difficiles à réussir ou encore aurait combiné sa recette avec celle des Brioches Ananas comme au Lung King Heen.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Culotté de mettre à la carte les sempiternelles Raviolis shanghaiens. Alors que beaucoup se sont sans doute déjà faits la main avec ceux d’un Din Tai Fung ou d’un Crystal Jade en attendant leur correspondance dans un aéroport asiatique, espérer rivaliser avec ces enseignes qui peaufinent leur technique depuis des lustres est sacrément courageux. Seulement faire de la cuisine chinoise (et surtout des Dim Sum) c’est devoir faire preuve d’une très grande humilité. Quand on fait payer 15 € trois raviolis, même dans un palace, ils se doivent d’être parfaits. Ce n’est pas le cas ici. La pâte manque de souplesse et de légèreté, la farce est compacte et le jus ne joue pas son habituel rôle de catalyseur de plaisir.

Les restaurants haut de gamme conscients qu’il est difficile d’égaler les maîtres du Xiao Long Bao ont pris l’habitude de compenser en ajoutant de la truffe ou du caviar sur le dessus. Mais là, rien.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

J’étais enthousiaste à l’idée de découvrir ce Dim Sum original qui est une sorte de Friand au porc laqué 叉燒酥 Caa Siu Sou revisité avec de la pomme. Au goût, j’ai beaucoup apprécié. La farce est généreuse, sucrée et le mariage porc / pomme fonctionne à merveille. Le feuilletage n’est pas mal mais reste perfectible tout comme l’aspect général de ces friands qui sont très irréguliers voir disgracieux. On est en effet encore loin d’un irrésistible Caa Siu Sou bien bombé et uniformément doré. En tout cas, ce Dim Sum me redonne du baume au cœur.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

J’avais craqué sur ce Riz gluant en feuille de lotus au poulet et à l’ormeau (18 €) pour goûter au moins un plat avec un produit typique cantonais. Ce plat est une variante embourgeoisée du traditionnel 糯米雞 No Mai Gai. Il n’y a pas de réelle fausse note sur cette réinterprétation du Chef Chi Keung Tang. La cuisson du riz est maîtrisée, le plat a gardé une apparence rustique et la farce est abondante. Seulement l’ormeau n’apporte pas la même vivacité que la saucisse cantonaise 臘腸 Laap Coeng qui fait tout le charme de la recette originale. Quitte à le revisiter, j’aurais ajouté avec l’ormeau quelques dés de Jambon de Jinhua et là on avait un recette de palace qui envoie !

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Dans le cadre du menu à 59 €, le plat principal est ce chichiteux Poulet au citron à la cantonaise accompagné d’un bol de Nouilles sautées aux pousses de soja. Chichiteux, parce que le Poulet au citron, c’est l’une des recettes les plus basiques de la cuisine cantonaise, c’est le plat de la ménagère par excellence, notre escalope panée à la crème en somme. Je suis halluciné que l’on puisse servir ce plat à ce prix d’autant plus qu’il n’a rien d’exceptionnel. Au contraire. Certes, il n’est pas mauvais et la sauce citron est réussie mais il est sans relief, la panure est triste, molle alors qu’un poulet de ce genre sorti de son bain de friture doit être luisant, croustillant et irrésistiblement appétissant. Ce plat prend montre en main 10 min à faire à la maison avec au moins autant de succès et il y en a au maximum pour 3 € de matière première. À la carte (sans doute en version un peu plus généreuse), il est facturé 32 €.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

À ce moment du déjeuner, nous étions désenchantés mais pas encore abattus. Nous étions persuadés que la rôtisserie cantonaise du LiLi allait redresser la barre et avions hâte de jouer des baguettes avec ce Duo d’échine de porc ibérique laquée & canard rôti façon cantonaise (30 €). Un tel restaurant possède tous les équipements et les meilleurs produits pour réussir ces spécialités incontournables. J’ose croire aussi que l’expérimenté Chef Chi Keung Tang a eu le temps d’enseigner ces précieux secrets au personnel fraîchement recruté dans la capitale. À Hong Kong, la gastronomie espagnole n’a jamais été aussi populaire qu’en ce moment. Aussi, plusieurs restaurants proposent dorénavant leur Porc laqué avec du Porc ibérique comme au Tin Lung Heen qui le fait à la perfection. Le LiLi a repris cette excellente idée. L’une des rares qui fait souffler une brise de modernité sur ce restaurant.

Nous sommes d’abord surpris par la frugalité voir la pingrerie de l’assiette. Un sentiment qui nous a poursuivi tout le long du repas surtout lorsque nous prenons conscience que nous avons droit seulement aux bas morceaux du canard. À la dégustation, le canard laqué se révèle convenable. Il y a du croustillant et du parfum mais je reste sur ma faim car il n’y avait même pas un beau morceau de poitrine à se mettre sous la dent pour juger pleinement de la cuisson et de la tendreté de la chair. Je suis au 36ème dessous et pas encore au bout de mes surprises…

En effet, l’échine de porc laquée est juste complètement ratée. Le laquage est inexistant. Dans un autre contexte, j’aurais fait renvoyer ce plat. Certes la viande est tendre mais ce n’est pas du porc laqué. Où sont le parfum sucrée et la volupté de la sauce Hoisin ? Notre porc semble avoir à peine été badigeonné de sauce (Je ne plaisante pas). J’ai souvenir d’une photo stylisée du plat publiée sur le blog de Pudlowski. Je suis désolé mais ce n’est pas du tout la même recette que nous avons eu ! Mais diable où est le Chef ?

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Parmi les plats signature, Ces Filets de sole sautés aux légumes de saison, sauce du Chef Tang (48 €) m’avaient attiré et intrigué. Il y a du bon dans cette création notamment la sauce du Chef réalisée à base d’olives noires et de morilles. Pour une fois, l’assiette est copieuse et l’on ne manque pas de poisson. Seulement, je le trouve trop ferme et trop cuit. Cruelle destinée pour de si délicates soles.

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Restaurant Cantonais LiLi Peninsula Paris

Pour finir, Pudding à l’Amande et fruits frais (12 €) d’abord et Crème de Mangue, Pomelo et Perles de Sago (12 €) ensuite.

Les deux sont de grands classiques des fins de repas cantonais. Le Pudding est minuscule, quelconque mais bon. La Soupe de mangue est l’un de mes desserts préférés et l’une de mes marottes sur ce blog. Je vous racontais il y a peu qu’il s’agissait d’une création d’un Chef du Lei Garden (1*) à Hong Kong au début des années 2000. Ce dernier l’avait intitulé 楊枝甘露 Joeng Zi Gam Lau pour Rosée sucrée sur une branche de saule (traduction personnelle). J’ai trouvé celle du LiLi d’une tristesse assommante. Liquide, plate, ordinaire sans aucune poésie. Elle illustre finalement bien l’impression générale de ce repas. Une cuisine banale, de maison, sans créativité ni aucun raffinement autre que celui de la vaisselle.

Mon histoire avec le LiLi avait débuté par une déclaration d’amour, elle se poursuit par une profonde désillusion et un déchirant coup de gueule. Une désillusion d’abord car je rêvais de faire du LiLi l’une de mes adresses favorites. J’avais déjà planifié des repas là-bas avec ma famille et tout le monde était impatient. Malheureusement, il conviendra encore d’attendre pour trouver de la haute cuisine cantonaise à Paris. Vous auriez raison de me dire que cela est finalement dans l’ordre des choses. On ne peut pas avoir le meilleur de la cuisine du monde à sa porte… Un coup de gueule ensuite car la carte et la cuisine du LiLi, au delà de leurs imperfections, donnent pour le moment l’impression que le Peninsula s’est contenté d’assurer le service minimum. Que l’on fasse passer ce restaurant pour une vitrine de la gastronomie cantonaise de luxe m’exaspère et m’attriste vis à vis de ceux qui vont découvrir cette magnifique cuisine ici et à ce tarif. Bref, nous pourrions en discuter des heures. Les commentaires sont là pour poursuivre le débat…

Quoiqu’il en soit, espérant faire une plus honorable prestation qu’au Mandoobar, je vous invite à regarder l’émission Très Très Bon sur Paris Première. J’ai compris que l’émission sur le LiLi serait diffusée le 19 Octobre prochain.

Bilan :

Faut il y aller ? En l’état, non.  C’est, dans l’immédiat, totalement déraisonnable de vous le conseiller car la cuisine n’est, à mon sens, pas au niveau. Y aller maintenant vous donnerait une bien piètre opinion de la cuisine cantonaise gastronomique. Il ne faut pas pour autant blacklister le LiLi. Monter un restaurant de ce genre à Paris est un véritable défi et demande immanquablement beaucoup plus de temps. Le Chef Chi Keung Tang est sans doute là pour 2 à 3 ans le temps de former les équipes et un successeur. Le niveau ne peut de toute façon que s’améliorer…

Avec qui ? La configuration des lieux convient bien à des dîners en amoureux et à des repas professionnels.

Y retourner ? Non pas tout de suite. J’aurai en plus des difficultés à faire une nouvelle tentative car la prise de risque coûte vite un bras et je ne suis pas Li Ka-Shing !

La clientèle ? Très peu de clients dans le restaurant. Quelques cols blancs à droite à gauche mais pas plus. D’ailleurs, je n’arrive toujours pas à comprendre à qui s’adresse le LiLi. Les français vont trouver ça très cher pour le niveau de raffinement, les chinois ne vont pas comprendre pourquoi aligner autant d’argent pour des plats qu’ils mangent dans des officines plus modestes et la jet set internationale à tout le loisir d’aller déguster de la cuisine cantonaise d’un bien meilleur niveau en Asie. Mystère. Et pourtant, je suis persuadé qu’il y a un boulevard en France pour de nouvelles formes de cuisine chinoise.

C’est cher ? Bilan du déjeuner, 250 € à deux avec deux tasses de thé. C’est juste ahurissant de payer ce prix là pour ce que nous avons mangé. J’ai fait des déjeuners inoubliables au Tin Lung Heen (2*) et au Lung King Heen (3*) avec une cuisine pourtant sur le même registre mais à des années lumières de celle du LiLi pour un tarif inférieur. Je veux bien payer plus cher à Paris au prétexte des charges (même si je ne suis pas certain que le loyer du 102ème étage du Ritz-Carlton à Hong Kong soit moins élevé que celui avenue Kléber) mais le niveau de la cuisine devra être à la hauteur.

Informations :

LiLi – Peninsula
19 avenue Kléber – Paris 16ème
Métro : Kléber
Tél. : 01 58 12 28 88
paris.peninsula.com
Ouvert tous les jours au déjeuner et au dîner.

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À Propos

Je suis passionné de cuisine, j’adore aller au restaurant, j’aime découvrir Paris, j’aime voyager, goûter de nouvelles cuisines, j’adore Hong Kong, je suis fou de cuisine chinoise … Comme j’ai souvent mon appareil photo avec moi, je fais un blog de tout ça !



26 Responses to LiLi, le restaurant cantonais du Peninsula

  1. WalryNo Gravatar says:

    Merci pour cet article vraiment complet, c’est la review que j’attendais de ce resto… où je ne me rendrais pas de si tôt pour le coup… En espérant que ça s’améliore dans les mois qui viennent…

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Bienvenue Walry !

      Merci à vous. Croisez tout de même les points de vue. Quoiqu’il en soit, cela reste un bon principe d’attendre quelques mois avant de se rendre dans une grande table.

      A bientôt !

  2. GraceNo Gravatar says:

    Ton expérience au Lili semble avoir été un vrai four ! Tu n’y vas pas avec le dos de la cuillère et s’attirer les foudres du Gastronome Parisien, aie, ça doit faire mal… Encore en période de rodage 2 mois après l’ouverture, j’espère de tout coeur que la suite du Lili en vaudra la chandelle. Ou alors, ce serait un peu comme la baguette française, qui n’a jamais le même goût à l’étranger.

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Oui malheureusement. J’ai essayé d’être juste et de ne pas trop en rajouter. En plus je pense que mon « coup de gueule » est modéré par le fait que je n’ai pas mis d’argent de ma poche.

      Mais je m’interroge beaucoup sur cette expérience alors que j’ai lu tant de bonnes critiques. Je pense être allé au LiLi avec beaucoup de bienveillance même trop d’ailleurs, au point pendant le tournage de ne parler que des points positifs pour ne pas gâcher le moment et garder du plaisir à manger. Je pense pas non plus avoir mis la barre trop haute. Je ne cherchais pas une cuisine comme à HK et encore moins celle des restaurants à la pointe dans leur domaine. J’étais assez ouvert à cette carte traditionnelle mais il fallait que les plats soient bien faits. On peut quand même être d’accord pour dire qu’ils ne sont pas foulés et que les plats font l’objet d’aucune recherche. Après je pense aussi que nous sommes tombés un mauvais jour. Le cas du Porc laquée est vraiment étrange. Ce n’est pas possible que ce soit le plat du Chef. Ou tout bêtement, l’équipe n’est pas prête car pas suffisamment formée. Deux mois c’est peu pour être au niveau sur certains Dim Sum/plats surtout si les cuisiniers avaient peu d’expérience à la base.

      Pour le coup du goût à l’étranger, c’est certain que le charme n’opère pas de la même manière et ça peut être une raison. En même temps, tu vois, quelques jours plus tard j’ai mangé dans un resto parisien la meilleure Salade Kai Choi Poulet de ma vie après en avoir goûté des tas à HK. Encore un exemple, la Soupe de mangue du Guimi House est tout à fait honorable et procure plus de plaisir que celle du LiLi.

      Bref, tout ça restera un mystère non élucidé.

      Et de rien pour le lien 😉

      • gigiNo Gravatar says:

        merci de ce post, j adore votre style
        j avoue que souvent je vs lis en sous marin
        ne rédigeant aucun commentaire
        en tout cas je vs remercie pour tant de connaissances partagées ,
        une halte gourmande que je savoure bien souvent au bureau
        lorsque j ai un creux lol
        des bises
        à bientot
        gigi de marseille

        • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

          Hello Gigi !

          Merci pour cet adorable commentaire. Ah mais moi, ça me fait plaisir d’avoir des commentaires ! J’arrête pas de faire remarquer que plus le blog à de visiteurs moins il y a de commentaires. Ça me rend triste cette situation :p Ce qui est bien dans un blog, c’est de pouvoir débattre, échanger, confronter les points de vue avec d’autres personnes. L’activité d’écriture est malheureusement bien solitaire et pas toujours amusante 😉

          En tout cas, je suis très content que le blog vous plaise ! Au plaisir de vous lire de nouveau.

          A bientôt Gigi.

  3. GraceNo Gravatar says:

    Et merci pour le lien !

  4. MargotNo Gravatar says:

    J’avais réservé pour déjeuner à la fin du mois, je vais annuler de ce pas !
    Je connais peu la cuisine de HK mais garde un souvenir émus de mes passages chez Din Tai Fung dans différents restaus de leur chaïne… j’attendrai mon prochain voyage pr manger des Dim Sum alors !
    Merci pour cette revue très détaillée

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Aïe, désolé Margot de contrarier tes plans…

      Après si tu y allais pour retrouver des Raviolis Shanghaiens comme au Din Tai Fung, tu fais sans doute bien d’annuler car tu trouveras meilleur usage de ton argent. Pour des dimsum c’est certain qu’il vaut mieux aller en manger ailleurs. Pas besoin d’aller très loin. A Londres, il y a pas mal de restaurants cantonais qui ont un très bon niveau dans ce domaine. Si on y réfléchit bien, au prix du repas au LiLi économisé, tu peux presque te payer un aller-retour en Eurostar 😉

  5. Margot ZhangNo Gravatar says:

    C’est à peu près le sentiment que j’ai eu après mon repas chez Lili, en plus ma grosse déception est qu’il n’y avait pas la tartelette aux œufs frais, et il ne donnait aucune explication ! Est-ce que tu as pu goûté cette tartelette au dessert ? Merci pour cet article complet que tu nous as fait. Bonne journée.

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Hello Margot !

      Non je n’ai pas goûté leur tartelette aux oeufs. De mémoire, nous n’avons pas pris ça car ça demandait du temps de préparation et nous étions déjà très en retard. Ça serait intéressant de goûter en effet.

      De rien pour l’article. A bientôt !

  6. Mathilde HKNo Gravatar says:

    Merci pour ce formidable article.

    J’avais suivi l’ouverture de ce resto depuis HK et me faisait une joie de le conseiller à ma famille en France. Je pense que j’aurais eu le même sentiment que toi. Quand je regarde tes photos, on ne peut que être d’accord. Les plats sont basiques.

    Si on compare avec le style de restaurants à HK, la cuisine semble se rapprocher de celle d’un Lei Garden, c’est à dire rustique et authentique. Seulement je pense que le Lei Garden (que tu as cité) a atteint avec le temps un sacré niveau. Ce qui n’est visiblement pas encore le cas au LiLi. Comme toi, je ne comprends ce déphasage entre le style de cuisine proposé et le luxe et l’ambition du LiLi.Un hôtel comme le Peninsula devrait jouer dans la cour des grands et viser le niveau de cuisine des références du secteur. Seulement ici à HK, ces grands noms comme Four Seasons, Ritz, Mandarin Oriental font une cuisine très différente, beaucoup plus raffinée et inventive, presque une cuisine d’auteur. Ce virage de la haute cuisine cantonaise ces dernières années est d’ailleurs passionnant. L’échange d’influences, de culture, de produits, la recherche de la perfection, la sophistication à l’extrême, je crois que c’est qui la caractérise en ce moment. Il est regrettable que ce nouveau restaurant du Peninsula ne s’inscrive pas dans cette mouvance.

    J’ai regardé par curiosité ce que proposait le Sping Moon à HK. Même s’il n’est pas à la pointe non plus et que le restaurant n’a semble t il pas d’étoiles au Michelin à HK, je trouve que la carte est plus audacieuse et sophistiquée que celle du LiLi.Je comprends ce que tu dis quand tu parles de service minimum. Ils ont peut-être raison aussi d’y aller par étape. Mais de ce cas, il faut y aller molo sur les tarifs. C’est complètement fou de payer 15 € pour 3 raviolis shanghaiens. C’est de loin les plus chers du monde là !

    Bon, je crois que je vais faire le plein de cuisine cantonaise avant de revenir en France 🙂

    Merci encore.

    Mathilde.

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Hello Mathilde !

      Quel bonheur d’avoir affaire à une telle connaisseuse ! Tu as tout à fait cerné le sens de mon propos. Je pense que ce n’est pas forcément simple à comprendre car en France nous avons très peu d’illustrations ou d’informations sur cette cuisine gastronomique cantonaise telle qu’elle se pratique à HK. J’ai écrit sur le Tin Lung Heen pour un brunch mais il faudrait que j’aille plus loin sur ce sujet et que j’amène plus souvent mon appareil photo dans ce genre de restos. J’ai prévu d’écrire un article sur les résultats du dernier concours de la gastronomie qui a eu lieu à HK il y a quelques semaines. Les plats des lauréats sont à mon avis une bonne illustration sachant qu’en plus, la plupart des grands noms dont ceux que tu as cité ne participent même pas à ce concours. Tout ça pour dire que cette nouvelle cuisine cantonaise ne se limite pas qu’aux palaces mais maintenant aussi à des restaurants plus modestes ou des restaurants de banquet qui comptent dans leurs rangs des Chefs spécialisés de très grand talent. Il est donc d’autant plus incompréhensible qu’un restaurant aussi ambitieux que le LiLi, qui profite d’un vivier important de chefs formateurs, de moyens colossaux, de la proximité avec le savoir-faire et les produits français, qui n’a pas à subir la frilosité des palais hongkongais conservateurs, ne soit pas plus audacieux et plus exigeant avec lui-même.

      Je te confirme le Spring Moon à HK n’a pas d’étoile Michelin. En même temps si on le compare à un Man Wah, un Duddell’s ou à un Yue, il ne mérite pas du tout son étoile car en dessous. Après si on compare à un Lei Garden ou à un Tim Ho Wan, je ne vois pas pourquoi on ne leur donne pas. Là après on rentre dans le débat de la notation Michelin qui, au niveau des mono-étoilés, est parfois un peu farfelue… De mon point de vue, Spring Moon, Lei Garden et Tim Ho Wan n’ont pas le niveau pour une étoile mais ça reste très subjectif et personnel 🙂

      Tu as bien raison, fais le plein à fond !

      A bientôt !!

  7. Pingback: Guimi House 闺蜜甜品, les desserts hongkongais débarquent à Paris - Le Gastronome Parisien

  8. AsoyNo Gravatar says:

    Contente de t avoir rencontre juste avant que tu n entres dans ce restaurant ! Mon chef me dit : si ton bloggeur trouve ca bon je t inviterai pour le repas d equipe de fin d annee. Bon ben tanpis pour moi 🙂

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Lol ! Ah mais c’est toi Asoy !! J’avais pas fait le lien ! Ah oui mince alors. Tu peux dire à ton Chef qu’il y a plein d’autres bons restaurants dans le quartier 😉 Au plaisir de te croiser de nouveau. Bon Weekend !

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  10. LiamNo Gravatar says:

    J’ai vu votre prestation dans l’émission Très Très Bon, bravo, c’était très intéressant ! Je vous rejoins, les plats sur la vidéo (et sur vos photos) n’ont pas l’air fantastiques. Ça fait plus plats de cantine cantonaise que de palace. Quand, j’ai vu l’addition dans l’émission, je suis tombé de ma chaise… C’est pas pour moi !

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  12. PiericNo Gravatar says:

    Et bien , heureusement qu’il y a des encore des gens pour écrire des revues sincères sur nos restaurants car quand on lit les critiques pro on a souvent l’impression d’être dans le meilleur des mondes de bisounours !
    As tu testé le restaurant Chinois du Shangri la ? Je serais curieux d’avoir ton avis dessus.
    Au plaisir et bravo pour ce blog.

    • Le Gastronome ParisienNo Gravatar says:

      Merci bcp Pieric ! Ecrire avec franchise sur le blog implique quelques désagréments mais ça me fait plaisir de recevoir un commentaire comme le tien pour compenser 😉

      Pour le Shangri-La, sans en écrire une tartine, il y a beaucoup de reproches à lui faire aussi. Comme pour le Peninsula, la carte est trop conservatrice, la liste des dim sum est trop réduite, même absence des produits haut de gamme typiques de la cuisine cantonaise. Comme le Peninsula, les débuts n’étaient pas glorieux mais c’est beaucoup mieux aujourd’hui. La maîtrise technique et le raffinement sont bien plus au rendez-vous. Il n’y a pas de mystère, faire un restaurant chinois haut de gamme à l’étranger demande du temps. Après, ça reste toujours très cher pour ce que c’est à mon avis… Je ne me fais pas à l’idée qu’il faille mettre un tel prix pour ce niveau de cuisine. Mais nous en sommes qu’aux débuts. Londres nous montre la voie de ce que la cuisine chinoise est capable de nous proposer en dehors de ses frontières !

      A bientôt Pieric. Au plaisir d’échanger de nouveau.

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  14. Rob1No Gravatar says:

    Bonjour,

    Quelqu’un aurait-il testé de nouveau ce restaurant depuis ? Je dois dire que vu cet avis, j’hésite à réserver car je lis plein de bonnes choses de neewbies de la gastronomie, mais pour le coup j’hésite….

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